Sujet : 4 décembre : Sainte Barbe et Saint Clément d'Alexandrie
De : jeanlouisdega@yahoo.fr
Date : 16/11/2019 à 11:17
Pour :

Bonjour,

Poursuivant notre quête sanctorale paritaire quotidienne, nous fêterons le 4 décembre entre autres saintes et saints Sainte Barbe et Saint Clément d'Alexandrie.

Sainte Barbe, vierge et martyre (✝ 235) ou Barbara, illustre martyre de Nicomédie dont le culte fut largement répandu dès le Ve siècle tant en Orient qu'en Occident.
Sa vie est surtout faite de traditions. Son bourreau aurait été frappé par la foudre d'où l'origine de la dévotion populaire qui l'invoque contre les dangers d'une mort subite provoquée par le feu ou l'électricité. Il semble que cette barbare (Barbara) fut introduite dans le cirque de Nicomédie sans que les spectateurs, parmi lesquels se trouvaient des chrétiens, ne connaissent son nom. Sommée une dernière fois de sacrifier l'encens à l'empereur, elle refusa. Quand les chrétiens vinrent demander son corps, ils ne purent la nommer que "une jeune femme barbare", Barbara. Il en est d'ailleurs de même pour beaucoup d'autres martyrs: René (rené par le baptême), Christian (un chrétien), Christophe (un porte-Christ) etc..   Selon une autre tradition, comme elle était d'une grande beauté, son père l'enferme dans une tour. Elle y devient chrétienne. Pour cela, son père la décapite lui-même, mais il meurt aussitôt foudroyé.
Attributs: une tour (trois fenêtres) à la main, ciboire et hostie , ou canon et barils de poudre.
Le père Rouillard, de Wisques a résumé ainsi sa biographie: Elle aimait Dieu, beaucoup et trouvait inutile de se marier. Son père déçu lui coupa la tête, mais tomba foudroyé. En Orient, on ne sait plus quand. Mais tout le monde sait que sainte Barbe, à cause de la foudre, est patronne des artilleurs, des artificiers, des mineurs et des carriers; et à cause de son nom, des brossiers, des chapeliers et des tapissiers. On l'invoque même en Haute-Saône pour avoir des enfants frisés.. (source: Saints du Pas de Calais - diocèse d'Arras)
Le culte de la sainte est ancien. Son intercession protégeait de la mort subite. Elle était aussi invoquée contre la foudre et, très tôt, elle fut prise comme patronne par les arquebusiers (c'est le cas, façon attestée, à Florence, dès 1529), puis par les canonniers, et par tous ceux qui 'jouent' avec le feu et les explosifs. Les artilleurs contemporains, de même que les artificiers, les sapeurs et les pompiers* du Génie, n'ont fait que s'inscrire dans cette tradition. (Diocèse aux Armées françaises)
(*des internautes nous font remarquer que tous les pompiers ne sont pas militaires, les pompiers de Paris et les marins-pompiers de Marseille sont militaires.)
Hormis la légende de son martyre qui en a fait la patronne des artilleurs, des artificiers, des mineurs et des pompiers, on ne sait rien sur sainte Barbe. Cependant son culte est répandu depuis un temps immémorial dans le pays messin dont elle est la patronne. (Source: Diocèse de Metz)
- On trouve souvent des statues ou des vitraux représentant sainte Barbe en région de mines ou de carrières comme au Creusot (vitrail de l'église St Henri), à Chagny (statue classée),etc. (source Nominis).

Saint Clément d'Alexandrie, père de l'Église (✝ v. 215)

Titus Flavius Clémens qui succéda à Panthène comme directeur de l'école d'Alexandrie où il avait Origène comme élève. Il a laissé de nombreux écrits. Son nom se trouva dans le martyrologe romain jusqu'en 1751. (source: 10000 saints, Ed Brépols) Le 18 avril 2007, Benoît XVI a repris ses portraits des Pères de l'Eglise et tracé celui de Clément d'Alexandrie. Il naquit probablement à Athènes au milieu du IIe siècle, "d'où lui vint le fort intérêt philosophique qui en fit l'un des maîtres du dialogue 'foi raison' (*) dans le contexte chrétien. Il quitta Alexandrie où il s'était établi, à cause de la persécution de 202-203, pour mourir en Cappadoce vers 215.
Son œuvre majeure est une trilogie "destinée à soutenir la croissance spirituelle du chrétien". D'abord une "exhortation s'adressant aux catéchumènes" où "le Logos Jésus-Christ encourage les hommes à prendre sérieusement le chemin de la vérité". Ensuite, une œuvre dans laquelle "le Christ est pédagogue, l'éducateur de qui par la grâce du baptême est devenu fils de Dieu". Une œuvre enfin dans laquelle le Christ apparaît comme "le Maître qui propose les enseignements les plus profonds". Ainsi la "catéchèse clémentine accompagne-t-elle continuellement le cheminement du catéchumène et du baptisé vers les deux ailes que sont la foi et la raison, liées à une connaissance profonde de la vérité qu'est le Christ. Seule cette connaissance de la personne qui est la vérité constitue la Gnose authentique". Il rappelle aussi que "la doctrine selon laquelle la finalité de l'homme est le retour à Dieu n'est possible qu'en s'assimilant à lui, selon la marque reçue lors de la Création, lorsqu'il fut déjà image de Dieu. Cette similitude lui permet de connaître la réalité divine, à laquelle l'homme adhère par la foi et la pratique des vertus, et le conduire à la contemplation de Dieu". Ces vertus sont d'abord "la liberté de la passion et de l'amour qui garantit l'union avec Dieu". Pour Clément, "l'idéal éthique de la philosophie antique, qui signifie la libération des passions, s'approche et se conjugue avec l'amour et l'assimilation en Dieu, tel un cheminement de perception de la véritable Gnose".
On doit à saint Clément d'Alexandrie "la seconde grande phase de dialogue entre annonce chrétienne et sagesse grecque". Presque comme la Loi, "qui est du domaine de la Révélation pour les Juifs, et quoique moins exhaustive  qu'elle, le Logos permet d'accéder aux prémices de la vérité". L'une comme l'autre constituent des "voies d'accès au Logos". Le grand Père de l'Église doit servir d'exemple, a conclu Benoît XVI, pour les "chrétiens, pour les catéchistes et théologiens de notre temps", auxquels Saint Jean-Paul II rappelait dans Foi et Raison que "retrouver et mettre au mieux en évidence la dimension métaphysique de la vérité pour entrer dans un dialogue critique et exigent...avec la pensée philosophique contemporaine".
Source: VIS 070418 (470)
(*) Benoît XVI, foi et raison.
Conseil pontifical de la culture 'pour une pastorale de la culture'
"Dès les origines, le Christianisme se distingue par l'intelligence de la foi et l'audace de la raison. En témoignent des pionniers comme saint Justin et saint Clément d'Alexandrie, Origène et les Pères Cappadociens. Cette rencontre féconde de l'Évangile avec les philosophies jusqu'à l'époque contemporaine est évoquée par le Pape Jean-Paul II dans son encyclique Fides et Ratio... « La rencontre de la foi avec les différentes cultures a donné naissance de fait à une nouvelle réalité », elle crée ainsi une culture originale, dans les contextes les plus divers." (source Nominis).


Amicalement,


Jean-Louis