| Sujet : 17 novembre : Sainte Elisabeth de Thuringe et Saint Grégoire de Tours |
| De : jeanlouisdega@yahoo.fr |
| Date : 02/11/2019 à 12:31 |
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Il est issu, par son père Florent (Florentius), d'une famille aristocratique arverne : son père et son arrière-grand-père maternel Grégoire Georgius , ancien évêque de Langres, avaient été sénateurs, et son oncle paternel était Gallus ou saint Gal Ier , évêque de Clermont. Par sa mère Armentaria, il est apparenté aux évêques de Lyon Sacerdos et saint Nizier d'une part, et aux évêques de Langres, Tetricus, et arrière-petit-fils de Grégoire de Langres d'autre part. C'est d'ailleurs de Grégoire de Langres qu'il tient son troisième nom, celui par lequel il est connu. Le prestige provient donc de deux faits, d’une part l’appartenance à l’aristocratie auvergnate en raison des sénateurs que compte sa famille (quatre, côtés paternel et maternel confondus), d’autre part l'engagement dans l’Église. En effet, c’est une des premières familles à s’être convertie au christianisme et Grégoire peut compter un martyr et six évêques dans sa famille. Deux d’entre eux jouèrent même un grand rôle dans son éducation et son accession au siège épiscopal. Cette famille prestigieuse illustre évidemment l'intégration d'une ancienne aristocratie sénatoriale gauloise romanisée, dans le nouvel ordre social et politique barbare. Grégoire est donc d'origine gallo-romaine et non barbare. Ainsi, sa famille étant noble selon les définitions de l’époque, Grégoire hérita naturellement de capacités à commander. Cela devait lui donner une légitimité certaine dans son futur épiscopat et face aux affaires politiques qu’il aurait à traiter.
Son père meurt jeune. Élevé par sa mère près de Cavaillon, puis successivement par son oncle Gal († 551) et par l'archidiacre Avit à Clermont, Grégoire achève son éducation auprès de son oncle Nizier, à Lyon où il est envoyé en 563. Durant sa jeunesse, il est sujet à divers maux : un pèlerinage sur le tombeau de saint Martin à Tours (en 562 ou 563) l'a, d'après la légende, guéri de l'un d'entre eux.Peu après, il est ordonné diacre et réside à la basilique Saint-Julien, à Brioude. Il y vit jusqu'à son élection comme évêque de Tours, en 573, probablement à l'instigation de la reine Brunehaut et du roi d'Austrasie, Sigebert Ier .
Succédant à son cousin maternel Euphrone dans cette dignité d'évêque de Tours, Grégoire prend alors en charge l'un des plus importants sièges épiscopaux de Gaule. Durant son épiscopat, il est gêné par les querelles des souverains francs, qu'il n'hésite pas à fustiger. Il tient notamment tête au roi Chilpéric Ier , puis à la reine Frédégonde qu'il accuse d'être responsable du meurtre de l'évêque Prétextat.Il meurt à Tours, peut-être le 17 novembre 594. Il est vénéré dans cette ville et dans celle de Clermont.
Parmi les auteurs antiques que cite Grégoire se trouvent Virgile, Salluste et Pline le Jeune ; certains des ouvrages qu'il évoque sont aujourd'hui perdus. La théologie dont il fait preuve reste simple ; il argumente contre les juifs. Il réfute également l'unitarisme. Une Vie de Saint Grégoire a été rédigée au Xe siècle par l'abbé Odon de Cluny.
Quelles furent les motivations de Grégoire de Tours en tant qu'écrivain ? D’après son prologue à l'Histoire des Francs :« Aussi beaucoup d'hommes gémissaient disant : « Malheur à nos jours ! L’étude des lettres périt parmi nous, et on ne trouve personne qui puisse raconter dans ses écrits les faits d'à présent. » Voyant cela, j'ai jugé à propos de conserver, bien qu'en un langage inculte, la mémoire des choses passées, afin qu'elles arrivent à la connaissance des hommes à venir. Je n'ai pu taire ni les querelles des méchants ni la vie des gens de bien. » Selon cette citation, c'est un devoir de mémoire qui l'aurait poussé à écrire. La suite de cette phrase qui se situe dans le prologue, révèle pourtant un autre aspect. Grégoire livre une confession de foi détaillée, à travers laquelle perce la vocation religieuse de l'œuvre. Dès le commencement, le texte est tourné vers le Christ. Les récits de miracles et les vies de saints qui ponctuent l'écrit montrent et symbolisent la présence du Christ (saint Martin, notamment, représente la création de l'Église voulue par le Christ). Grégoire de Tours s'inscrit de plus dans un grand mouvement hagiologique de l'époque, qui s’intègre dans le développement d'une culture populaire des miracles, des pèlerinages, des saints. Les Histoires développent donc un vaste programme où sont intimement liés les faits du siècle et l'Église chrétienne (conçue comme la communauté des saints). Hagiographe crédule, il n'hésite pas à colporter des légendes chrétiennes, en amalgamant des récits d'origines, de dates et de valeurs différentes, si bien que son Histoire des Francs est « objectivement fausse ». La partie de son œuvre plus contemporaine suit également ce programme en mêlant les actions saintes et la dynastie mérovingienne en un grand ensemble (la permixa). Ainsi, les rois sont-ils présentés selon leurs relations avec l'Église et la morale chrétienne. Dans cette vision, chaque livre corrèle le triomphe des rois ou leur chute à la qualité de leur foi (par exemple, la naissance de Clovis aurait été annoncée par les anges et il triomphe grâce à saint Martin. La guerre civile sous Chilpéric et Gontran est causée par leur absence d'attention aux dogmes et aux évêques). Ainsi, la position de Grégoire est-elle déterminée par son désir d'unifier l'Église du Christ avec l'État terrestre. Et c'est dans cette optique que Grégoire a écrit le reste de ses œuvres, moins connu, mais tout aussi important pour lui : les Livres des miracles. Enfin, quand on considère les origines familiales de l'auteur et l'influence de son héritage d'aristocrate gallo-romain, on peut considérer l'œuvre de Grégoire de Tours — de la même façon que son œuvre de restauration de la cathédrale Saint-Martin — comme une sorte d'évergétisme : le don d'un capital intellectuel pour sa postérité. Ainsi, jusqu'au XIXe siècle, l'historiographie moderne a puisé dans son Histoire des Francs.(source Wikipedia).