Poursuivant notre quête sanctorale paritaire, nous fêtons le 6 octobre entre autres saintes et saints Sainte Foy et Saint Bruno.
Sainte Foy Vierge et martyre (III
e siècle) avec de nombreux jeunes chrétiens.
"Sainte
Foy naquit vers 290 à Agen et appartenait à une famille noble
gallo-romaine. Elle fut instruite des vérités de la foi par sa nourrice.
Par la suite, elle demanda à saint Caprais de la baptiser à l'insu de
sa famille. Elle consacrait son temps à prier et à secourir les plus
nécessiteux. En 303, Dacien, préfet d'Agen, relança les persécutions
contre les chrétiens en promulguant un édit «tout chrétien doit être
dénoncé et sera châtié sur le champ». Elle fut dénoncée par son père
pour s'être déclarée chrétienne. Elle subit l'épreuve du lit d'airain
pour être brûlée, mais la pluie éteignit le feu. Elle fut décapitée le 6
octobre."
(diocèse d'Agen -
les saints fondateurs - Sainte-Foy, vierge et martyre) Mais on ne parlait guère d'elle en dehors de sa région.
Jusqu'au jour où un moine de Conques, dans le Rouergue, vint voler
ses reliques dans l'église de Sainte Foy d'Agen pour les porter dans son
abbaye qui en manquait pour attirer les pèlerins. Cela se faisait au
Moyen Age, par enthousiasme pour la sainteté. Dès lors l'abbaye de Conques connut
une grande prospérité et comme elle se trouvait sur la route des
pèlerins de Saint Jacques de Compostelle, les 'Jacquets' s'arrêtaient
pour prier devant la belle statue d'or qui contenait le crâne de la
martyre. Elle fut célèbre en France puis en Espagne et au Portugal. De
là les conquistadores la firent connaître dans les Amériques. Il y a de
nombreuses villes qui pourraient faire référence à son nom: Santa Fe de
la Vera Cruz en Argentine, Santa Fe de Bogota en Colombie, et bien
d'autres au Mexique, au Chili et au Brésil, Santa Fe
aux USA
. Il y a 17 localités en France du nom de Sainte Foy et 2 de nom de la variante Sainte Foi
. L'Église d'Agen avait été fondée au IVe siècle à la suite des martyres de Sainte Foy, Saint
Caprais, Saint
Vincent. Foy était un prénom au Moyen-Age porté en particulier dans les familles comtales de Rouergue et de Cerdagne. (source principale Nominis).
Saint Bruno Fondateur des Chartreux (✝ 1101)
Il avait tout pour faire une belle carrière d'universitaire
ecclésiastique, ce fils d'un riche marchand des bords du Rhin.
Originaire de Cologne, il avait étudié dans sa ville natale et puis
l'avait quittée, âgé d'une quinzaine d'années pour aller se
perfectionner à Reims. A 24 ans, le voilà devenu écolâtre, chargé
d'étudiants. Sa réputation est si flatteuse qu'il devient chancelier de
l'archevêque de Reims, Manassès de Gournay. Mais l'archevêque est
indigne. Il a payé ses électeurs et Bruno le dénonce. On lui offre de
lui succéder, Bruno refuse. Et c'est alors la rupture. Cette brillante
carrière ne le comble pas, il ressent un vide dans son coeur, une soif
le consume. Il n'est pas fait pour les 'combines', il veut être à Dieu
seul. A 52 ans, en 1084, il vend tout ce qu'il possède et, avec quelques
amis qui partagent ses aspirations, il tente un premier essai de vie
érémitique au prieuré de Sèchefontaine*, une dépendance de l'abbaye de
Molesme. La forme de vie dont il rêve ne s'y trouve pas. Il lui faut la
créer.
Saint Hugues,
évêque de Grenoble, met à la disposition de Bruno et de ses compagnons
une 'solitude' dans le massif alpin de la Grande Chartreuse. Bruno y
élabore ce qui deviendra la Règle des Chartreux, faite de solitude en
cellule, de liturgies communes et de travail manuel. Le pape Urbain II
l'ayant appelé comme conseiller, il quitte à regret la Chartreuse pour
Rome. Ne pouvant s'habituer à la vie 'du siècle', il obtient de se
retirer en Calabre où il fonde une nouvelle communauté cartusienne à La
Torre. C'est là qu'il mourra dans une solitude bienheureuse: "L'air y
est doux, les prés verdoyants, nous avons des fleurs et des fruits, nous
sommes loin des hommes, écrivait-il à un vieil ami de Reims. Comment
dépeindre cette fête perpétuelle où déjà l'on savoure les fruits du
ciel?".
*solitude que lui avait indiquée
saint Robert, futur fondateur de Cîteaux.
Saint Hugues et Saint Bruno:Le diocèse de Grenoble voit naître ou s'établir de nombreuses communautés et de grandes figures religieuses. En
1084 saint Bruno s'installe avec l'accord de saint Hugues, évêque de
Grenoble, en Chartreuse et fonde l'ordre des Chartreux. Saint Hugues est
lui-même connu pour avoir libéré l'Église du pouvoir des laïcs, et
considéré comme le véritable fondateur du diocèse car il en fixe le
territoire. Il fonde aussi le monastère de Chalais.
Histoire du diocèse de Grenoble (source Nominis)