>Concernant les idées que vous avancez.
>L'expansion
démographique ne peut rendre compte des évolutions car il y a eu en
réalité délaissement >progressif du répertoire ethnique au profit du
répertoire religieux. L'adoption des noms d'apôtres s'est produite
>massivement au 13e siècle puis a continué à se développer ensuite. Au
15e siècle, ce sont les noms de >martyrs et confesseurs qui se sont
développés. On observe en outre au 13e siècle une concentration
>importante sur quelques noms vedettes (noms ethniques et noms
religieux).
>En matière de
nomination, l'Eglise catholique n'est pas véritablement intervenue avec
le 16e siècle; elle s'y >intéressa à la suite du conflit avec les
réformateurs calvinistes.Je
pense qu'il existait en fait jusqu'au 13e >siècle un tabou sur les noms
de saints. L'évolution n'est pas la même en France septentrionale et
dans le >Midi où les noms d'apôtres ont été adoptés très tôt.
Re-Bonjour,
Un très très grand merci Pierre-Yves pour votre éclairage sur cette problématique et les informations données. Mes 3 idées n'étaient que des suggestions spontanées soumises à votre expertise éclairée.
Quelques remarques de détail :
- le prénom François qui était à l'origine un ethnique est devenu ensuite un nom religieux suite à la popularité de Saint François d'Assise. Dans quelle catégorie le classer au XIVe et XVe siècles ?
- le rôle de l' Eglise catholique en tant qu'institution et du clergé séculier n'est qu'un des aspects à mon avis intervenant dans le choix de prénoms religieux. Outre les dévotions populaires, les ordres religieux ont à mon avis joué aussi un certain rôle dans l'attribution de certains prénoms religieux en particulier dans la noblesse et ensuite par diffusion dans tous les milieux sociaux.
- le tabou sur le nom des puissants locaux que vous avez observé en Bretagne ne me semble pas avoir existé en Occitanie où il me semble au contraire que ce type de prénoms a constitué une source importante de prénomination.
- la motivation du choix d'un prénom comme Etienne nom de martyr n'était plus nécessairement toujours religieuse dans les régions comme la Franche-Comté où ce prénom était souvent porté par des puissants féodaux locaux
Bien cordialement,
Jean-Louis